On imagine volontiers des cuves immenses et des blouses blanches. La réalité tient dans une pièce de quatre-vingts mètres carrés, et cela nous convient.
7 h 30 — la pesée
Chaque matière première est pesée au dixième de gramme, sous double contrôle. Les huiles végétales arrivent en bidons de vingt-cinq litres, les actifs concentrés en flacons de cinq cent grammes. Un lot de sérum, c'est six cents flacons — pas six mille.
9 h — l'émulsion
Une crème, c'est de l'eau et de l'huile qu'on force à cohabiter. On chauffe les deux phases séparément à 75 °C, on les mélange sous agitation rapide, puis on refroidit lentement en agitant plus doucement. Les actifs fragiles ne sont ajoutés qu'en dessous de 40 °C.
C'est à ce moment que se joue la texture. Deux degrés d'écart, et la crème sera plus épaisse ou plus fluide que le lot précédent.
13 h — les contrôles
pH, viscosité, aspect, odeur. Chaque lot est prélevé et conservé trois ans. Un échantillon part au laboratoire de microbiologie pour le test de challenge : on inocule volontairement des germes pour vérifier que le système conservateur tient.
15 h — le conditionnement
Le remplissage se fait sur une ligne semi-automatique, l'étiquetage à la main. C'est plus lent, et cela nous permet d'écarter un flacon mal rempli sans arrêter une chaîne entière.
Pourquoi rester petit
Produire six cents flacons à la fois coûte plus cher à l'unité. En échange, nous reformulons sans jeter des stocks entiers, et nous connaissons l'origine de chaque matière première. C'est une part du prix que vous payez, et nous préférons l'expliquer.